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La rue ne s’essouffle pas
La manifestation nationale de samedi l’a très largement prouvé en réunissant plus d’un million de personnes opposées au CPE. Les cortèges du 18 mars ont montré que les jeunes de moins de 26 ans n’étaient pas les seuls à s’opposer massivement au contrat première embauche. Parents, retraités, salariés du privé et du public étaient à leurs côtés. Cette démarche souligne que les Français sont solidaires, notamment quand il s’agit de l’avenir de la force vive du pays. Si Paris a réuni près de 300 000 personnes, de nombreuses autres villes de France ont démontré leur capacité à rassembler. Ils étaient 25 000 à Rennes, 35 000 à Nantes, 40 000 à Toulouse, 60 000 à Marseille, 20 000 à Lyon, et même 5000 à Tulle, ville de 16 000 habitants dont le maire est un certain François Hollande. La rue était donc bien décidée à faire pression sur le gouvernement pour obtenir le retrait d’un contrat élaboré au mépris de la jeunesse, et mis en place au mépris de la démocratie.
Mais Villepin s’en fout…
Pour le Premier ministre, cette manifestation n’a pas semblé être suffisante. Dans un entretien à un mensuel lycéen, il a même joué le rôle de l’incompris. Comme si les jeunes, et les autres, n’étaient pas capables de comprendre les tenants et les aboutissants d’un contrat qui les installe dans la précarité pour deux ans, sinon plus ! Pourtant, il n’a pas tort sur un point : comment comprendre un membre du gouvernement alors qu’il n’a pas pris la peine de consulter les principaux concernés pour l’élaboration du CPE ?
Reste que le gouvernement persiste et signe sur le CPE. Cette mobilisation n’aurait pas été si importante… Elle aurait été « commanditée » par l’opposition politique. L’exécutif se sentirait-il menacé ?
La mobilisation est reconduite
Il devrait, car l'ensemble des syndicats lycéens, étudiants et salariés appelent à une journée de grève mardi 28 mars ! Si le Premier ministre a proposé de rencontrer chefs d’entreprises, jeunes et syndicats, le 20 mars, le message est clair : aucune entente ne sera possible avant le retrait du CPE. Les jeunes ont, quant à eux, déjà pris leur décision. La coordination nationale des étudiants, réunie dimanche 19 mars à Dijon, a voté la reconduite du mouvement jusqu’à l’obtention du retrait. Mais, le gouvernement a bien du mouron à se faire puisque les revendications étudiantes ne s’appuient pas seulement sur le CPE, mais aussi sur l’ensemble de la loi sur l’égalité des chances et sur l’abandon du CNE. C’est donc une nouvelle semaine de mobilisation qui s’enclenche avec des manifestations prévues mardi 21 et jeudi 23 mars.
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