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Il est ainsi démontré que 2,4 millions de personnes de plus de 14 ans ont été victimes d’au moins une agression, quand pour la même année les statistiques ministérielles ne relevaient dans cette catégorie de délits qu’environ 400 000 faits constatés.
L’insécurité est plus violente, mais la crise de confiance envers la police et la justice est telle que moins d’un tiers des violences physiques subies par la population leur est signalé.
Le « Sarkomètre » a cherché à masquer cette réalité. De la même façon que le gouvernement radie les chômeurs pour faire baisser les chiffres du chômage, sa politique décourage de plus en plus le dépôt de plainte. Ainsi un quart des violences pourtant signalées par les victimes ne sont traitées qu’en main courante afin de ne pas être comptabilisées dans les statistiques officielles.
Les données rendues publiques aujourd’hui témoignent également du partage social, territorial et générationnel qui s’est installé : les habitants des Zones Urbaines Sensibles et des quartiers populaires, ainsi que les jeunes de 14 à 29 ans, sont en moyenne deux fois plus victimes d’agressions que le reste de la population.
Les moyens supplémentaires dont s’était doté le gouvernement en 2002 ont été concentrés dans les quartiers chics. Ceux qui souffrent le plus de l’insécurité ont été abandonnés à la violence. Les émeutes de novembre dernier, la montée actuelle des tensions notamment dans les établissements scolaires, illustrent malheureusement les conséquences dramatiques de ces choix.
Les chiffres valent bilan et ils sont graves pour notre pays. |